Contrat : “ Acte par lequel une ou plusieurs personnes s’engagent à l’égard d’autres personnes ”.
Sur la base de cette définition claire et exigeante, c’est bien un “contrat d’alternance” que nous vous soumettons. Sur chacun des grands thèmes liés à l’avenir de Paris, ce document présente nos engagements précis.
Ici, pas de fioritures ni d’habillages verbeux. Mais des propositions fermes et clairement énoncées.
C’est ainsi que nous concevons notre rapport avec les citoyens. Au cours de cette campagne, nous avons d’ailleurs été les premiers à présenter nos vingt chefs de file, à élaborer un avant-projet ouvert à la concertation via notre site Internet ; puis à constituer nos listes d’arrondissement, soit 517 candidates et candidats appelés à porter ce projet d’avenir. Vous l’avez aujourd’hui entre les mains : car il nous a semblé essentiel que vous puissiez le consulter suffisamment tôt, conformément à ce qu’implique un échange démocratique loyal et serein.
J’ai pour ambition de fédérer les Parisiens autour de ce projet, au-delà des clivages partisans : car restaurer l’éthique à Paris, redonner une place à l’enfant, mobiliser des moyens inédits contre la pollution ou affirmer le droit de tous à la sécurité, ne désigne pas un cahier des charges partisan. Ce sont autant d’enjeux décisifs auxquels nous proposons des réponses pragmatiques, novatrices et ambitieuses. Tels sont nos engagements. Au service des Parisiens et de leur cité.
Une cité réconciliée avec elle-même, libérée des “ affaires ” qui ternissent son image et insultent la conscience de ses habitants. Une cité en mouvement, capable de réaffirmer sur la scène nationale et internationale l’influence économique, culturelle, scientifique et universitaire digne de son histoire.
Une capitale européenne en action, qui tissera de nouveaux liens avec d’autres métropoles du monde confrontées aux mêmes défis de la civilisation urbaine.
Une ville ouverte et tolérante, tant j’ai la conviction que la liberté et la solidarité constituent décidément les valeurs les plus modernes qui soient à l’aube du XXIe siècle.
C’est à cette tâche exaltante que l’avenir nous convie, si vous en décidez ainsi. Vous, citoyens libres et exigeants, habitants d’une cité séculaire dont nous sommes tous héritiers.
À vous de juger et de vous exprimer souverainement les 11 et 18 mars prochains.
Ensemble, nous pouvons faire entrer dans une nouvelle ère démocratique cette ville que nous aimons : j’en ai la volonté inébranlable.
Bertrand Delanoë
1 / Faire entrer Paris dans une nouvelle ère démocratique
Aux pratiques opaques, clientélistes, technocratiques et hypercentralisées des partis politiques qui gouvernent Paris depuis 1977, se substituera une culture démocratique ouverte, transparente, respectueuse du droit et dédiée exclusivement à l'intérêt général.
Décentraliser
- Confier aux vingt maires d'arrondissement la gestion des équipements de proximité, avec les moyens humains et budgétaires (investissement et fonctionnement) correspondants.
- Instaurer la consultation et la participation des habitants (conseils de quartier, conseils de jeunes, droit de pétition sur les questions d'intérêt local, forums associatifs, référendums d'initiative locale), qui trouvera notamment son expression lors des orientations budgétaires et des programmations pluriannuelles.
- Créer un Conseil consultatif des résidents étrangers auprès du Conseil de Paris.
- Décentraliser, en concertation avec le maire d'arrondissement, la gestion de secteurs pour lesquels la proximité est source d'efficacité accrue, en particulier celui de la propreté.
- Encourager l'ouverture des mairies d'arrondissement le samedi matin et rapprocher les services publics des habitants.
Restaurer l'éthique publique par la transparence et la concertation
- Dès le début de la mandature, confier à un organisme indépendant, un audit public portant sur toute la surface économique et financière de la collectivité parisienne (sociétés d'économie mixte comprises).
- Faire attribuer les places en crèche par des commissions locales associant parents et directeurs d'établissements.
- Fixer des critères incontestables pour l'attribution de logements sociaux, dans une charte élaborée en concertation avec le monde associatif.
- Faire entrer l'opposition dans chaque commission d'appel d'offre de la Ville, y compris celles des SEM.
- Mettre en place une commission d'évaluation des politiques budgétaires élargie à des experts indépendants : elle veillera à l'utilité et à la rationalité de l'action de la collectivité parisienne et pourra accéder aux rapports de l'Inspection générale des Services de la Ville.
- Implanter une " Maison des associations " dans chaque arrondissement.
- Créer un " Atelier local d'aménagement urbain " dans les arrondissements, afin d'associer les habitants en amont des grands projets d'urbanisme.
- Créer une " Commission consultative du monde du travail " associant notamment comités d'entreprises et représentants des forces économiques, afin d'examiner les questions d'intérêt commun aux personnes travaillant à Paris, même si elles habitent en banlieue.
Moderniser la vie publique
Élu maire de Paris, Bertrand Delanoë abandonnera ses fonctions de sénateur, afin de se consacrer exclusivement à son nouveau mandat.
Il formera un exécutif constitué à parité de femmes et d'hommes.
Il n'y aura pas de cumul entre les fonctions de maire d'arrondissement et d'adjoint au maire de Paris.
Démultiplier les sources d'information
- Diffusion annuelle aux Parisiens d'une plaquette d'information budgétaire simplifiée et complète.
- Ouverture des séances du Conseil de Paris aux médias audio-visuels.
- Diffusion des débats du Conseil de Paris sur un média audio-visuel, soit par la participation de la Ville à une chaîne câblée, soit par convention avec un support existant.
- Possibilité de séquences interactives du Conseil de Paris via un portail Internet multiservices créé à destination des Parisiens.
- Instauration d'un compte rendu de mandat annuel du maire de Paris dans chaque arrondissement.
- Ouverture des supports d'information municipaux aux associations parisiennes.
2 / Sécurité : un droit pour tous les Parisiens
En proposant la création d'une police municipale comme " réponse " au sentiment d'insécurité des Parisiens, la droite prend un engagement qu'elle sait ne pas pouvoir tenir, puisqu'il est inapplicable dans le cadre actuel de la loi. En outre, cette disposition aboutirait au démantèlement de la police nationale à Paris, s'avérant à la fois coûteuse (3 à 6 points de pression fiscale dès la première année) et inefficace (pas opérationnelle avant 4 ou 5 ans). Nous prônons un dispositif volontariste et pragmatique, visant notamment à décharger les policiers de tâches qui sont du ressort de la collectivité parisienne. Il s'agit de recentrer les effectifs de la police urbaine de proximité sur leur mission essentielle : la sécurité des Parisiens. L'objectif est clair : 10 000 agents de la police de proximité présents sur le terrain.
Une Ville active pour la prévention et la sécurité
- Augmenter les crédits des clubs de prévention qui agissent dans les quartiers sensibles : dès 2001, ceux-ci passeront de 86 à 150 millions de francs.
- Recruter 1 000 emplois contractuels, professionnels formés, affectés à des missions de prévention et de proximité : correspondants de nuit, gardiens et personnels pour l'animation du parc social municipal, sécurisation des parkings, contrôle des propriétaires de chiens " pollueurs " de la voirie, surveillance des parcs et des jardins, encadrement sportif et culturel : le budget affecté à ces embauches s'élèverait à 250 millions de francs sur trois ans (objectif à la mi-mandature).
- En partenariat avec l'Assistance publique et la Direction départementale de l'action sanitaire et sociale, mise en place d'un dispositif spécifique en matière de prévention, de réinsertion et de soutien sanitaire des toxicomanes, en particulier : installation de nouveaux échangeurs de seringues stériles, accès facilité aux hébergements sociaux et développement de places de post-cure.
- Renforcer les dispositifs des emplois jeunes à travers la création de 1 000 postes supplémentaires, notamment affectés à la surveillance des 700 sorties d'écoles à Paris.
- Réserver plusieurs centaines de logements aux agents affectés à la police de proximité, pour faciliter leur intégration dans le tissu social parisien.
- Ouverture de bureaux d'aide psychologique et juridique aux victimes, dans chaque arrondissement.
- Mise en œuvre d'un réseau de " points d'accès au droit " dans les quartiers qui relèvent de la politique de la ville, en complément aux " maisons de justice " inscrites dans l'actuel " contrat local de sécurité ".
Un levier décisif : l'urbanisme
- Lancement d'un plan de résorption de l'habitat insalubre (1 200 immeubles potentiellement concernés) sur une mandature.
- Sur le modèle des opérations d'amélioration de l'habitat (OPAH), lancement " d' OPAH Sécurité " dans certains secteurs, sous la forme d'une aide aux propriétaires, destinée à la sécurisation des accès d'immeubles.
- Amélioration de la politique d'éclairage public des quartiers, en concertation avec les maires d'arrondissement et les forces de police.
- Rééquilibrage géographique dans la création des logements sociaux, actuellement concentrés dans l'Est de Paris.
3 / Pour une nouvelle " qualité de ville "
Redistribuer l'espace public, remettre en cause l'hégémonie automobile pour vaincre les pollutions, réduire la " fracture territoriale " entre les arrondissements, ouvrir Paris sur son agglomération, offrir à ses habitants des logements de qualité : tels sont les principaux enjeux d'une " ville pour vivre ".
Urbanisme
- Instaurer un urbanisme démocratique fondé sur de nouvelles méthodes : transparence dans les décisions, information, concertation avec les riverains et leurs associations.
- Accorder la priorité aux espaces verts. Réalisation ou mise à l'étude de cinq grands projets parisiens : jardins d'Éole sur la cour du Maroc, requalification des berges de la Seine, grand parc des Batignolles, réaménagement des bois de Boulogne et de Vincennes, création d'un grand jardin sur la ZAC Paris Rive gauche.
- Définir et mettre en œuvre un projet urbain parisien adapté à la réalité des quartiers et à l'échelle de la métropole : - aménagement de la couronne de Paris entre le périphérique et les boulevards des Maréchaux en relation avec les communes périphériques : requalification urbaine, développement économique et social, réhabilitation des grands ensembles de logements sociaux, aménagement des portes de Paris,
- aménagement du centre-ville (6 premiers arrondissements) visant à redonner toute a place à la fonction résidentielle, à diminuer les nuisances liées à la circulation automobile et à valoriser le patrimoine culturel et commercial,
- aménagement des principales places de Paris.
Logement et habitat
- Éradiquer l'habitat insalubre (1 200 immeubles potentiellement concernés) en une mandature.
- Relancer la production de logements à loyer modéré, transformer l'habitat ancien à des fins sociales et favoriser la mixité en appliquant la loi " Solidarité et renouvellement urbain " : acquisitions foncières et immobilières, développement des opérations programmées d'amélioration de l'habitat avec conventionnement des loyers, mobilisation du domaine privé de la Ville.
- Gérer le parc social avec les locataires en établissant des rapports plus transparents entre les bailleurs sociaux liés à la Ville et les occupants du parc social.
Transports, déplacements, circulation automobile
- Diminution du coût journalier du stationnement résidentiel qui passera à 5 francs au lieu de 15 francs actuellement. Pour limiter la circulation dans Paris, participation de la Ville à la création de parkings relais dans son agglomération, situés aux abords immédiats de dessertes importantes de transports en commun (gares RER, SNCF…).
- Amélioration quantitative et qualitative du réseau de transports collectifs en favorisant les liaisons inter-banlieues pour diminuer le trafic automobile de transit : - réalisation du " tramway des Maréchaux " sur la partie Sud et prolongation vers l'Est avec une opération simultanée de requalification urbaine,
- participation de la Ville à la réalisation de tramways ou de transports en site propre connectés avec celui des Maréchaux et desservant la banlieue Nord (sites des éventuels futurs jeux Olympiques ou des universités) et sud (Grande Bibliothèque-Créteil),
- mise en œuvre d'un plan d'amélioration de la qualité de service et de la sécurité dans les transports collectifs (information, développement des services en soirée ou le week-end, effort tarifaire en direction de certains publics, accessibilité accrue pour les personnes handicapées),
- Aménagement des grands axes structurants parisiens en " espaces civilisés " par la diminution des files réservées à la circulation automobile. Grâce à cette reconquête, les trottoirs seront élargis au bénéfice des piétons, poussettes et voitures de personnes handicapées ; un large espace séparé physiquement du reste de la circulation sera réservé aux transports de surface, véhicules prioritaires, taxis et modes de circulation douce (vélos, rollers, patinettes). Sources de pollution, de bruit et d'insécurité routière, les " axes rouges " seront remis en cause.
- Interdiction progressive de la circulation des cars de tourisme dans Paris intra-muros, après concertation avec les professionnels du tourisme.
- Transport de marchandises : diminution de la circulation des gros camions de livraison dans Paris grâce au développement de plates-formes intermodales à la périphérie de l'agglomération et d'autres plus petites au cœur de la zone urbanisée.
- Promouvoir activement l'utilisation des véhicules électriques. Mise en place d'une desserte de quartiers mobilisant des navettes électriques ; gratuité de stationnement accordée pendant un an aux véhicules électriques au sein des parcs souterrains de la Ville ; conversion progressive de la flotte de véhicules municipaux aux énergies propres ; soutien municipal à celle des taxis (moteurs hybrides).
Environnement
- Vaincre le bruit : application de revêtements anti-bruit sur la chaussée, isolation phonique de certains établissements, application de normes " haute qualité environnementale " pour les chantiers d'urbanisme, couverture du périphérique aux endroits les plus exposés.
- Adopter un plan municipal pour une gestion responsable et durable de l'eau : les précédentes municipalités ont passé avec les entreprises chargées de la fourniture de l'eau, des contrats opaques et défavorables aux Parisiens. Nous réaliserons, dès le début de mandature, un audit visant à établir la transparence : il servira de base à une renégociation de ces contrats. Nous engagerons parallèlement, un programme de remplacement des tuyaux contenant du plomb et autres polluants mobiles.
- Accélérer le tri sélectif des déchets, créer des centres de tri et de recyclage dans Paris : un programme d'aménagement de l'habitat, nécessaire à cet objectif, sera mis en œuvre. Par ailleurs, pour diminuer le flux de véhicules transporteurs de déchets, des centres de tri et de prétraitement propres seront installés à proximité des voies ferrées et fluviales.
- Assurer la propreté de la capitale dans tous les quartiers : nous définirons un contrat " Paris ville propre " visant notamment à mettre fin aux inégalités entre les arrondissements. Le maire de Paris étudiera avec les maires d'arrondissement les conditions permettant de leur transférer ce secteur de la propreté ainsi que les moyens correspondants. Nous viserons l'éradication des nuisances d'origine canine : zones interdites aux chiens, campagnes de sensibilisation, installation de distributeurs de sachets hygiéniques. Cette politique s'accompagnera d'une répression effective des comportements inciviques. Cela suppose une augmentation significative du nombre d'agents affectés à cette tâche.
4 / Emploi, développement économique : modernité et solidarité
Misant uniquement sur l'immobilier de bureau, ignorant l'agglomération, la droite municipale n'a pas compris que le destin de Paris se jouait à l'échelle d'une métropole capable de rivaliser avec ses concurrentes étrangères.
Paris du plein emploi : un devoir d'insertion prioritaire
L'objectif du plein emploi n'est plus une utopie. Il implique une politique d'insertion capable de ramener à l'emploi plusieurs dizaines de milliers de Parisiens. Cette action s'appuiera sur la création de régies de quartiers, le développement des entreprises d'insertion, des emplois associatifs et de proximité, ainsi que la création d'emplois jeunes. Par ailleurs, la Ville s'emploiera, dans le cadre des évolutions législatives en cours, à résorber l'emploi précaire au sein de ses services.
Paris de l'économie au quotidien
Nous créerons, par arrondissement ou groupe d'arrondissements, une " Maison du développement économique et de l'emploi " pour promouvoir en particulier les services de proximité et une " Maison de l'artisanat et du commerce " chargée de la modernisation et de l'implantation de ces activités en coordination avec les milieux professionnels et les associations locales.
Paris, capitale mondiale du tourisme
Ce formidable gisement d'activité (10 % de l'emploi parisien) doit être mieux exploité. Dans le respect de l'environnement parisien et de ses habitants, trois orientations seront privilégiées : diversification de l'offre touristique en valorisant les quartiers " typiques " de la capitale ; aide aux professionnels pour assurer la formation de leur personnel ; et développement du tourisme social et estudiantin, en renforçant les structures d'accueil et les programmes en leur faveur.
Paris de la création d'entreprises
Parce que la création d'emplois passe aujourd'hui par le développement des petites entreprises, nous mettrons en place un service municipal chargé de fournir aux créateurs d'entreprises une aide de triple nature : information, conseil et accompagnement ; moyens financiers (prêts d'honneur, garantie des emprunts bancaires) ; locaux d'activité.
P@ris Pl@ce Net
- Équiper Paris en lignes haut débit : la Ville participera à la création de ce réseau en partenariat avec tous les acteurs concernés (Région, opérateurs de télécommunications, sociétés de services informatiques…)
- Promouvoir des pôles d'excellence parisiens dans le domaine du numérique : " hôtels Internet ", " immeubles intelligents ", aides aux créateurs d'entreprises, organisation d'un concours annuel pour valoriser les meilleurs sites Web développés par des Parisiens...
- Démocratiser l'accès à l'Internet : ouverture, dans les quartiers, de salles publiques disposant d'équipements Internet en libre accès, soutien aux formations d'avant-garde et à l'enseignement à distance, mise en œuvre d'une politique de formation des Parisiens, accélération de l'accès aux nouvelles technologies dans les équipements municipaux (écoles, collèges, bibliothèques…)
Paris, métropole à l'échelle de l'Europe et du monde
- Consolider la place financière de Paris afin d'accroître sa compétitivité. Des actions en partenariat seront engagées : meilleure promotion de la place de Paris, participation au renforcement de certains enseignements dans les universités et les grandes écoles, etc.
- S'imposer comme nœud de connexions européennes et internationales. La municipalité défendra une politique active d'amélioration des communications internationales (liaison rapide entre le centre de Paris et l'aéroport de Roissy, extension du réseau de TGV entre les grandes capitales d'Europe, etc.).
Paris, partenaire des grands acteurs économiques
La Ville néglige les grandes entreprises publiques et privées, actrices du développement économique, urbain et social de la capitale. Nous les associerons, avec les institutions économiques, à un " Conseil stratégique du développement de Paris " consulté par la municipalité.
Paris, partenaire économique de son agglomération
Paris ne peut plus envisager son avenir au mépris de son agglomération et de sa région ; la municipalité favorisera une intercommunalité de projets économiques, qui se traduira prioritairement par une participation active à la future " Agence du développement régional ".
5 / Paris au féminin
53,5 % des Parisiens sont des… Parisiennes. Celles-ci occupent 48 % des emplois de la capitale mais représentent 47 % des demandeurs d'emploi. Elles forment en outre les 2/3 des usagers des transports collectifs. Autre spécificité : 85 % des familles monoparentales parisiennes sont composées de femmes seules avec enfants. Dans les faits, le " Paris au féminin " se traduit par des obstacles majeurs : difficultés à concilier vie professionnelle et vie familiale, manque d'équipements d'accueil des enfants, urbanisme oppressant, sentiment d'insécurité insuffisamment pris en compte, aides et prestations municipales inadaptées. Une " nouvelle ère " implique de donner aux femmes l'influence politique, culturelle, économique et sociale qui leur revient.
Féminiser les institutions
L'exécutif municipal sera composé à parité de femmes et d'hommes. Une délégation de maire adjointe (ou adjoint) à l'égalité femmes-hommes sera créée.
Elle pourra s'appuyer sur les travaux de " l'Observatoire de l'égalité entre Parisiennes et Parisiens" qui sera mis en place dès 2001. Des plates-formes spécifiques seront implantées dans les quartiers afin de favoriser la mise en réseau de structures telles que associations locales, planning familial, services de la DDASS, mouvements d'écoute et de soutien aux femmes en difficulté.
Adapter le " temps des villes " au " temps des femmes "
En s'inspirant du modèle italien, un " bureau des temps " sera créé, en tant que lieu de concertation entre la municipalité, les différentes organisations syndicales, les mouvements représentatifs de femmes et la Préfecture. Il devra conduire à l'adoption d'une charte sur la régulation des horaires des services publics (crèches, haltes-garderies, structures administratives, transports publics…) afin de mieux adapter les " rythmes " de la cité aux contraintes professionnelles et familiales des citoyens, et notamment des femmes.
Une municipalité attentive aux préoccupations des Parisiennes
- Un partenariat actif sera établi à l'initiative de la Ville entre l'association " Femmes en mouvement, les transports au féminin " (de notoriété européenne) et le Syndicat des transports parisiens, pour contribuer à améliorer les transports collectifs : sécurité, accessibilité, confort, information, convivialité, modulation des horaires.
- L'augmentation du réseau des crèches et des haltes-garderies s'accompagnera d'un assouplissement de leurs horaires d'ouverture (horaires modulés, y compris le samedi).
- Pour les familles monoparentales, des priorités au logement social, aux modes de garde et aux services d'accompagnement des enfants seront instaurées.
- Augmentation des capacités d'accueil d'urgence réservées aux femmes sans domicile fixe (dont la majorité fuient les violences conjugales) et instauration de permanences ouvertes 24h/24 assurant soutien et aide à la réinsertion.
- Mise en place d'un numéro vert pour la prévention et l'information sur la contraception, en partenariat avec la région et les centres de planification familiale.
- Amélioration de l'accueil des Parisiennes pour le traitement de l'IVG au sein des services de l'assistance publique.
- Un soutien municipal actif visera à développer le nombre de médiatrices culturelles et sociales, notamment parmi les femmes issues de l'immigration.
- Dans le cadre du Plan départemental d'insertion, la municipalité développera les formations qualifiantes spécifiques en direction des personnes sorties prématurément du système scolaire.
6 / L'enfant dans la ville : réconcilier Paris avec son avenir
Pollution, insécurité routière, rareté des espaces verts, modes de garde collectifs en nombre insuffisant : Paris apparaît bien comme une ville hostile à ses plus jeunes habitants.
Favoriser et diversifier l'accueil des enfants
- Plan pluriannuel de création de 2 000 places de crèches, complété par 2 500 places supplémentaires affectées à d'autres modes de garde collectifs : structures parentales, crèches associatives, haltes-garderies.
- Promotion des crèches à horaires décalés, ouvertes le soir ou le samedi, ou proposant des modalités d'accueil ponctuel (de quelques heures à quelques jours).
- Mobilisation de toutes les disponibilités au sein du parc social de la Ville afin de favoriser l'action des assistantes maternelles.
- Attribution de la carte Paris-Famille dès le deuxième enfant, sous condition de ressources.
Un environnement citadin plus ouvert et plus sûr
- Politique volontariste en faveur des espaces verts avec, en particulier, la création d'un " réseau vert " fermé à la circulation automobile.
- Plus large ouverture des pelouses et des espaces verts existants.
- Création d'un " Conseil d'enfants " dans chaque arrondissement.
- Surveillance des 700 points " sorties d'écoles " de la capitale par un personnel municipal.
- Établissement d'un cahier des charges prescrivant aux architectes et aux sociétés immobilières de la Ville, l'adaptation de leurs projets aux besoins de l'enfant (espaces de jeux, aménagement des bas d'immeubles, local de rangement des vélos et des poussettes, etc.).
- Programmation, dès 2001, d'un débat au Conseil de Paris sur la sécurité routière.
- Instauration d'une " Année de l'Enfant " sur la base d'un grand programme rythmé par des rendez-vous pédagogiques, culturels et festifs, ouverts sur les échanges avec d'autres métropoles étrangères.
- Création de 2 000 places nouvelles en centres de vacances et mise en place d'une allocation municipale d'aide au départ en vacances réservée aux familles en difficulté, et destinée à financer le " trousseau de départ ".
7 / Éducation : de la maternelle à l'université, changer de rythme
Les failles de la réalité éducative parisienne sont connues : insuffisance d'établissements dans certains arrondissements, vétusté fréquente des locaux, exiguïté des cantines scolaires, tensions relationnelles, faiblesse des aides au périscolaire, retards à l'université. Élèves, parents, étudiants et universitaires ont droit à une véritable politique en faveur de l'éducation et de la recherche.
Maternelle et primaire : rattraper le retard
- Mise en œuvre d'un plan d'investissement sur trois ans : d'un coût d'environ 300 millions de francs, il permettra de rénover les établissements dégradés et de supprimer les écoles préfabriquées par la construction de bâtiments neufs. 60 classes de maternelle seront ouvertes au cours de la mandature, pour favoriser la scolarisation des enfants de moins de 3 ans.
- Organisation des " États généraux des rythmes scolaires parisiens " avec tous les acteurs concernés : ils déboucheront sur une charte du temps scolaire appliquée dès la rentrée suivant son adoption.
- Améliorer l'accueil, le fonctionnement et la sécurité alimentaire dans les cantines scolaires, dont l'approvisionnement s'ouvrira aux filières labellisées et si possible à la filière " bio ".
Collèges et lycées municipaux : répondre à l'urgence
- Rénovation des collèges qui en ont besoin et programmation, sur une mandature, de la construction de six nouveaux établissements de façon à ce qu'aucun collège n'accueille plus de 600 élèves.
- Remise à niveau des lycées municipaux professionnels laissés quasiment à l'abandon par la municipalité sortante et développement, avec d'autres partenaires (fédérations de parents d'élèves, organisations syndicales et patronales, région, enseignants) d'un enseignement professionnel qualifiant pour les jeunes qui ne choisissent pas les filières d'enseignement général.
Périscolaire : faciliter la prise en charge des plus jeunes
- Extension des " Ateliers bleus ", dédiés aux activités périscolaires culturelles.
- Mise en place de dispositifs d'aide aux devoirs et aux activités périscolaires en primaire et pour les jeunes collégiens, au moins pour les classes de 6ème et 5ème en commençant par les ZEP.
- Aide accrue au départ en vacances des jeunes défavorisés et création de 2 000 places nouvelles en centres de vacances.
Universités : les étudiants, citoyens à part entière
Si l'émergence d'un vaste campus à Paris Rive gauche contribuera à relancer une dynamique universitaire à Paris, des mesures complémentaires s'imposent à l'égard des étudiants.
- Un " Conseil de la vie étudiante " regroupant élus et représentants des organisations et associations étudiantes sera installé au début de la nouvelle mandature.
- Accroître l'offre de logements aux étudiants en nous associant au plan " Universités du troisième millénaire " et en participant à la construction de logements qui leur seront destinés. Des mécanismes de cautionnement et de garantie des loyers seront mis en place.
- Améliorer les conditions de travail et de vie des étudiants : création d'espaces numériques aux abords des universités, mise à disposition de lieux de vie étudiante, soutien aux actions associatives de bénévolat.
- Faciliter l'accès des étudiants aux services municipaux, culturels et sportifs grâce à l'instauration d'un " Passeport étudiant " négocié avec le Crous, les ministères de la Culture et de la Jeunesse et des Sports.
- Créer une " Maison des associations étudiantes " qui constituera un lieu de centralisation de l'information, de mise en réseau, d'information et d'orientation des personnes (et notamment des étudiants handicapés).
- Réaliser un centre universitaire de conférences, équipé de moyens de traduction modernes.
Faire de Paris une capitale de l'innovation technologique
- Création d'un " Comité parisien de l'innovation technologique " réunissant la Ville, les universités, les grands laboratoires de recherche, les institutions économiques et des entreprises innovantes : il définira les actions de soutien à la valorisation de la recherche (aide à certaines filières d'enseignement, bourses de recherche, aide à la création de pépinières d'entreprises)…
- Installation d'une " Maison des chercheurs " pour faciliter les échanges entre scientifiques français et étrangers.
8 / Culture : pour une politique de proximité ouverte sur le monde
Conçue depuis 1977 comme une vitrine souvent inaccessible à bon nombre de Parisiens, la politique culturelle de la municipalité a négligé l'innovation, la création et l'animation des quartiers. Pour inverser cette tendance préoccupante, le budget de la Culture sera doublé (hors rémunérations) au cours de la prochaine mandature.
Favoriser l'accès de tous à la culture
- Création d'une carte " Paris-culture " et de " chèques-culture " destinés aux familles, aux jeunes et aux étudiants pour leur permettre d'accéder à moindre tarif aux principales manifestations culturelles de la capitale.
- Gratuité d'accès aux expositions permanentes des musées de la ville.
- Développement et modernisation du réseau culturel que constituent les bibliothèques-médiathèques, l'objectif étant d'installer 20 000 m2 par tranche de 100 000 habitants. Ce plan sera élaboré avec les libraires indépendants qui seront substantiellement sollicités dans le cadre des procédures d'acquisition de la Ville.
- Renforcement de l'enseignement artistique dans les écoles maternelles et primaires ainsi que dans les collèges dont la Ville de Paris a la responsabilité, avec la création d'un label " École et culture " : en contrepartie d'expériences pédagogiques volontaires, les établissements scolaires participants, obtiendraient des moyens supplémentaires pour mener à bien leurs projets culturels.
- Mise en œuvre d'une programmation ambitieuse durant les mois d'été et valorisation de la rue comme espace culturel.
- Ouverture de salles d'animation locale dans les arrondissements et les quartiers les plus défavorisés. Ce projet sera confié à une " Mission de l'espace public culturel " composée d'élus, de professionnels de la culture et d'associations.
Redonner son rôle phare à Paris
- Promouvoir une nouvelle ouverture internationale de Paris par la création de lieux d'accueil pour les artistes étrangers, une meilleure formation des professionnels, des jumelages culturels à l'échelle de la Ville ou de ses quartiers.
- Installer, en partenariat avec l'État et la Région, une nouvelle génération d'équipements : notamment, un auditorium de diffusion musicale de haut niveau.
- Sauvegarder des lieux de patrimoine et des lieux de mémoire parisiens, qui sont des éléments emblématiques de la vie des habitants.
Soutenir la vitalité de la création et les pratiques culturelles des Parisiens
- Établir la transparence dans l'attribution des subventions municipales : après oncertation avec les professionnels et les associations, des formules nouvelles de sélection des projets culturels et de délégation de moyens seront mises en place.
- Mieux soutenir les lieux traditionnels de création et de diffusion artistiques comme les théâtres et les cinémas. Ainsi, nous veillerons au maintien du parc des salles menacées et au développement de l'animation cinématographique des quartiers. Nous créerons également le " Festival annuel du théâtre amateur " ouvert aux troupes venues de toute la France.
- Favoriser de nouveaux lieux de création indépendants : " lieux de fabrique " produisant des spectacles, galeries associatives, lieux de répétition, studios ouverts à la création et aux manifestations artistiques.
- Réaliser une " Maison de la chanson " qui sera implantée dans une salle d'environ 300 places afin de promouvoir de jeunes artistes et de valoriser les œuvres du répertoire de la chanson française.
9 / Paris de toutes les solidarités
Retard dramatique en matière d'équipements pour les personnes âgées ; déficiences dans l'action sanitaire en direction des jeunes et des personnes handicapées ou à mobilité réduite : la politique de solidarité de la Ville doit être refondée.
Solidarités avec nos aînés
- Expression citoyenne et insertion sociale. - encourager le rôle citoyen des seniors : transformation des " Points Emeraude " (plates-formes gérontologiques) en pôles d'information et d'impulsion de nouvelles activités des seniors, ouverture des structures d'hébergement des personnes âgées sur la vie des quartiers, encouragement du bénévolat, développement des solidarités et échanges intergénérationnels (jumelages entre maisons de retraite et établissements scolaires, projets culturels, etc.),
- favoriser mobilité et déplacements des personnes : développement du transport spécialisé des personnes à mobilité réduite par convention avec des sociétés de taxis et les entreprises de transport public.
- Améliorer le maintien à domicile et répondre aux situations de dépendance. Subventionnement de services d'aide à domicile opérationnels 7 jours sur 7 y compris pendant l'été, soutien à l'entourage familial de la personne âgée, action de prévention des situations d'invalidité physique ou mentale par recours à un bilan sanitaire gratuit pour les personnes âgées de plus de 65 ans, amélioration de l'habitat dégradé qui concerne un grand nombre de nos aînés (OPAH thématique), aide systématique à l'installation de dispositifs de prévention des accidents domestiques. Lorsque le maintien à domicile n'est plus possible : création de 300 places par an en maisons de retraite au lieu des 180 actuelles. La même politique sera suivie pour les logements-foyers et l'implantation de Mapad.
- Assurer un devoir de mémoire à l'égard des anciens combattants et victimes de guerre : en relation avec les entreprises de transport, gratuité des transports publics pour les anciens combattants âgés de plus de 65 ans et création d'une Maison du combattant, lieu de solidarité et d'information aux associations.
Solidarités avec les personnes handicapées
- Amélioration de l'accessibilité des lieux publics (mairies, écoles, collèges), par un plan pluriannuel qui sera engagé dès 2001.
- Adaptation des transports en commun par la constitution d'un " réseau noyau " de stations de métro et RER accessibles aux personnes handicapées, développement du transport spécialisé en partenariat avec la région et la RATP, doublement sur la mandature des places de stationnement réservées (type GIG-GIC).
- Accroissement des possibilités de logement autonome par conventionnement avec les bailleurs sociaux dépendant de la Ville. Cette action sera complétée par le développement de l'aide à domicile.
- Renforcement de l'information et de l'accompagnement social, notamment par la création, dans chaque arrondissement, de " médiateurs du handicap " chargés de l'information, de l'orientation et du suivi social des personnes handicapées et de leurs familles.
- Association des organisations représentatives aux actions et décisions de la Ville, grâce à la mise en place d'une structure de concertation permanente.
Solidarités avec les exclus et les personnes en situation précaire
- Mieux lutter contre l'errance urbaine : augmentation d'environ 500 places d'accueil par an pour les sans-domicile fixe parisiens, avec bilan annuel des besoins, et transformation progressive des grandes structures actuelles en petites unités favorisant l'accueil familial et des rapports personnalisés, adaptés à l'attente de personnes en proie à une détresse physique et psychologique.
- Conforter le droit à la santé et éradiquer les maladies de la pauvreté : la Ville complètera le dispositif de la " Couverture maladie universelle " de manière que les personnes dont les revenus sont compris entre 3 500 et 4 000 francs mensuels puissent en bénéficier. Elle favorisera le dépistage et le traitement de certaines " maladies de la pauvreté " comme la tuberculose et les parasitoses.
- Améliorer les aides à la vie quotidienne : en constituant des équipes de travailleurs sociaux agissant au plus près du terrain et en réformant les aides municipales exceptionnelles : à l'avenir, chaque section locale du Centre d'action sociale de la Ville disposera d'une enveloppe budgétaire fondée sur des critères précis, qui sera répartie avec la participation des associations spécialisées.
- Accroître l'offre de logements très sociaux, dans le cadre de notre plan de relance de la production de logements sociaux, en respectant un juste équilibre d'implantation géographique.
- Mieux tenir compte des besoins individuels dans les dispositifs d'insertion avec l'ouverture dans les arrondissements " d'espaces d'insertion " regroupant divers services de l'État et de la Ville et chargés d'orienter les personnes en grande difficulté après élaboration d'un diagnostic personnalisé. Ils agiront en synergie avec les " espaces solidarité insertion " dont le nombre sera revalorisé.
10 / Des actes concrets pour la santé des Parisiens
Même si Paris demeure un pôle d'excellence reconnu à l'échelon international, son système de santé révèle cependant des carences graves qui altèrent la qualité des prestations offertes. Ces insuffisances concernent en particulier la santé des plus jeunes, l'inadaptation de l'offre et des structures à destination des personnes âgées, ainsi que les réponses proposées aux personnes en voie de marginalisation.
Transparence dans l'évaluation des besoins et l'information
- Élaboration - en concertation avec chaque arrondissement – puis publication d'un cahier des charges sanitaire, dans lequel la municipalité précisera ses objectifs prioritaires ainsi que les modalités contractuelles encadrant ses relations avec les associations partenaires.
- Réactivation du " Comité parisien de promotion de la santé " (CPPS) dont des structures déconcentrées dans les arrondissement assureront la promotion des actions de santé publique, l'information des Parisiens, et la concertation de tous les acteurs sanitaires.
Des priorités claires
- Réalisation d'une enquête épidémiologique en milieu scolaire, portant sur les pathologies liées à la pollution.
- Éradication du saturnisme infantile, notamment dans le cadre d'un plan pluriannuel de résorption de l'habitat insalubre. Une cartographie précise " plomb et habitat insalubre " sera réalisée.
- Création de centres de santé de quartier appelés à reconstituer le réseau de dispensaires municipaux supprimés par l'actuelle municipalité. Ils se verront confier des missions de dépistage, de prévention, d'accueil et de suivi des soins de proximité, contribuant à décharger les services des urgences, dont la fréquentation " de nature sociale " est en hausse croissante.
- Mise en place d'un service départemental de prévention et de promotion de la santé des jeunes jusqu'à seize ans en rapprochant plusieurs services dont l'articulation actuelle apparaît peu satisfaisante : PMI, santé scolaire, action sociale en faveur des élèves, etc.
- Élaboration d'un schéma de coordination gérontologique en concertation avec l'ensemble des partenaires concernés afin d'élargir l'actuel dispositif sanitaire en direction des personnes âgées sur la base d'objectifs précis (" lits de suite ", adaptation des services d'urgence à l'accueil des personnes âgées dépendantes, etc.).
- Lancement, en partenariat avec l'État, d'une action d'envergure de prévention et de lutte contre la toxicomanie : plan triennal d'implantation dans les quartiers de structures d'accueil, de soins et d'hébergement, implantés en concertation avec les habitants ; nomination d'un coordonnateur " toxicomanie " chargé du suivi des projets ; amélioration des moyens affectés localement aux actions d'information, de prévention et de réduction des risques.
- Développement d'une politique intégrée de santé mentale à Paris par le rapprochement géographique entre offre hospitalière et services alternatifs liés à certaines pathologies psychiatriques.
- Amplification de la lutte contre le sida : campagnes d'information et de sensibilisation toute l'année intégrant notamment des actions ciblées en direction de populations à risque ; diffusion massive de préservatifs ; priorité au maintien à domicile des personnes (aide à domicile, recours au fonds de solidarité logement contre les expulsions, création d'une allocation spécifique de maintien à domicile pour compléter, si nécessaire, les dispositifs classiques) ; soutien accru aux associations compétentes pour favoriser l'emploi des personnes atteintes du virus VIH : la Ville veillera au principe de non discrimination au sein même de ses services.
Le maire de Paris préside le Conseil d'administration de l'Assistance publique. Bien que son pouvoir soit limité, il agira en faveur d'évolutions nécessaires : - autonomie accrue de chaque hôpital, une déconcentration de la gestion et des moyens permettant de rapprocher l'offre de soins des habitants,
- effort significatif en matière de transparence et de concertation dans la gestion des projets de restructuration. En liaison avec l'APHP, la Ville veillera à faire jouer son droit de préemption sur certains terrains, afin d'y réaliser des logements sociaux, et autres équipements dédiés aux Parisiens,
- ouverture " d'antennes sociales " au sein des hôpitaux de l'APHP pour améliorer l'accueil et la prise en charge sociale aux urgences,
- élaboration d'une véritable politique de santé publique pour l'Ile-de-France, intégrant l'Assistance publique en tant que composante majeure.
11 / Paris sportif, Paris jeunesse
La future municipalité poursuivra deux objectifs majeurs dans ce domaine : démocratiser la pratique du sport à Paris et améliorer " l'offre sportive " à destination des jeunes.
Pour une nouvelle politique sportive
- Équipements sportifs. Qualifiée ou non pour les JO de 2008, la capitale a besoin d'une piscine olympique et d'un centre nautique aux normes internationales, mais ouverts aux Parisiens. Une patinoire pérenne sera également réalisée. Des piscines seront installées sur la Seine (par exemple, rénovation de la piscine Deligny). Les équipements de proximité seront développés en vue de disposer à terme d'au moins une salle polyvalente par arrondissement. Les horaires d'ouverture seront revus afin d'accueillir le public plus tardivement certains jours de la semaine et le week-end.
- Améliorer les relations entre la Ville et le mouvement sportif parisien. Les offices municipaux des sports seront démocratisés. Une conférence annuelle regroupant la municipalité et tous les acteurs du monde sportif sera organisée.
- Un soutien actif et moderne aux clubs de haut niveau : dans le respect des évolutions législatives futures, la Ville établira des relations loyales et constructives avec les grands clubs parisiens, " ambassadeurs " de l'identité parisienne sur la scène internationale. La (re)définition de tels partenariats portera notamment sur les synergies nouvelles à établir entre ces clubs et les équipes de jeunes dans les quartiers. Nous rechercherons en outre les moyens d'organiser, au moins une fois par an, une manifestation sportive de niveau international.
Donner aux jeunes la place qui leur revient dans la cité
- Création d'un " Conseil parisien des jeunes " placé aux côtés du Conseil de Paris et des " Conseils de jeunes " dans les arrondissements. Ces organismes consultatifs élaboreront notamment des propositions susceptibles d'améliorer la vie des jeunes dans la capitale.
- Développement de l'implantation de salles et de maisons de quartier gérées par du personnel municipal en relation avec les associations concernées et consacrées aux activités des jeunes parisiens.
- Favoriser leur insertion dans la cité : - instauration d'une tarification avantageuse dans les transports en commun pour tous les jeunes,
- création d'un " Passeport jeunes " afin que ceux qui ne sont pas étudiants puissent bénéficier des mêmes avantages pour la pratique des loisirs, de la culture et du sport,
- possibilité d'ouverture des équipements sportifs existants dans les équipements scolaires, en dehors des périodes de cours.
12 / International : restaurer l'éclat de la " Ville Lumière "
Chacun reconnaît que le rayonnement de la " Ville Lumière " sur la scène internationale doit être restauré. À l'heure où 80 % de la population européenne vit en ville, Paris peut jouer un rôle moteur dans l'élaboration de ce nouveau modèle citadin, impulser de nouveaux échanges, de nouveaux partenariats, relever le défi de la concurrence internationale et affirmer pleinement son rôle de capitale européenne.
Paris, ville ouverte
- Création d'un " Espace européen de Paris " qui, prenant le relais de l'actuelle " Maison de l'Europe " constituera pour les ressortissants européens, à la fois un lieu d'accueil, d'information, de rencontres et de partenariat avec les représentations diplomatiques. En synergie avec les instituts culturels, il accueillera ou coordonnera des événements artistiques et sportifs destinés à promouvoir la " culture européenne ".
- Création d'un " Conseil consultatif des résidents étrangers " qui sera installé aux côtés du Conseil de Paris. Réunissant les Parisiens non ressortissants de l'Union européenne, il abordera plusieurs fois par an les sujets liés à la vie municipale, et fonctionnera jusqu'à ce que ceux-ci obtiennent le droit de vote aux élections locales.
Paris, catalyseur de nouveaux échanges
- Un forum annuel des grandes métropoles sera institué, conçu comme le lieu de rencontre et d'échange entre les élus des différentes cités internationales.
- De nouveaux partenariats seront conclus avec les métropoles étrangères, selon des formules pouvant intégrer des accords " triangulaires " : Paris, une ville européenne et une capitale francophone du monde méditerranéen par exemple. Seront ainsi encouragés la promotion d'échanges culturels, scientifiques, scolaires et universitaires, ainsi que des passerelles régulières entre experts et hauts fonctionnaires de ces villes.
- Un " Salon international du monde urbain " se tiendra chaque année à Paris, ayant vocation à présenter les solutions les plus innovantes apportées par les villes, sur chacun des sujets liés à la vie citadine : information, sécurité, mobilier urbain, environnement…
Paris, pôle de solidarité
- L'ensemble de ces nouvelles synergies s'inscrira dans la volonté permanente de favoriser les progrès de la démocratie sur la scène mondiale.
- Au-delà de circonstances précises (solidarité avec les villes frappées par une catastrophe naturelle), le développement de l'aide humanitaire s'exprimera de façon constante en partenariat avec les organisations non gouvernementales (ONG).
- Un soutien aux villes des pays émergents se traduira par la réalisation d'études menées en commun, d'un apport d'expertise, et d'une mise à profit des réseaux européens de Paris.
Pour un nouveau contrat budgétaire
Faire vivre le " contrat d'alternance " qui vous est soumis suppose des moyens financiers.
Avec un budget annuel de plus de 33 milliards de francs, Paris dispose de ressources incontestables. Encore faut-il les utiliser avec rationalité, dans un souci permanent d'efficacité et de transparence.
C'est le sens de notre contrat budgétaire. Quelles en sont les principales caractéristiques ?
D'abord, intégrer la notion de durée : tout ne sera pas possible " immédiatement ". Notre projet est un projet de mandature, qui porte donc sur les six prochaines années.
Ensuite, profiter du dynamisme et de la croissance retrouvée, susceptibles de procurer à la collectivité parisienne des recettes supplémentaires. S'appuyer également sur de nouveaux partenariats avec l'État, la Région, des organismes publics et privés, afin de partager équitablement la charge financière liée en particulier aux grands projets urbains.
Enfin, s'agissant des finances propres de la Ville et du département, nos engagements sont clairs :
- Stabiliser la pression fiscale et, donc, les trois impôts locaux. Les Parisiens sont, en effet, confrontés au coût de la vie et de l'immobilier dans la capitale. Il ne saurait donc être question d'alourdir davantage la charge des habitants et des entreprises.
- Financer par un recours maîtrisé à l'emprunt, les investissements porteurs d'avenir, en limitant les dépenses de fonctionnement.
- Dépenser mieux en débattant publiquement nos grandes priorités et en mettant un terme au gaspillage des deniers publics, lié notamment aux effets du clientélisme municipal.
Pour jeter les bases de ce nouveau contrat avec les Parisiens, un audit général portant sur la situation économique et financière de la collectivité parisienne (sociétés d'économie mixte comprises) sera confié, dès le début de la mandature, à un organisme indépendant. Il sera bien entendu rendu public.
http://www.psinfo.net
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