| | Il est urgent de répondre aux besoins réels des populations en assurant à tous la qualité de la vie et la transmission du patrimoine commun. L'argent doit cesser de se concentrer là où il y a déjà de l'argent pour faire toujours plus d'argent. Il doit servir là où vivent, travaillent et décident les hommes et les femmes de notre pays.
Les régions doivent se donner les moyens d'être plus et mieux au service des hommes et des femmes ; c'est tout l'enjeu d'un aménagement du Territoire réussi.
La tenue d'une Conférence sur ce sujet associant tous les acteurs économiques, sociaux, associatifs, de la formation, de la culture, de la recherche aurait pour objectif de dresser un schéma de ressources naturelles, de développer la diversification en matière énergétique, de favoriser un nouveau type de développement agricole respectueux de l'environnement, valorisant les territoires, soucieux de la qualité alimentaire dans le cadre d'une ruralité vivante, de maîtriser la croissance urbaine, de favoriser l'accès aux technologies de l'information et de garantir le droit aux transports, au logement, à la santé, à la culture, au sport, au tourisme.
Cela appelle la programmation et la réalisation d'équipements nouveaux pour encourager le progrès social, culturel et humain sur l'ensemble des territoires.
Deux atouts permettraient de progresser vers un développement durable et solidaire. Des services et des entreprises publiques rénovés et démocratisés associant usagers et salariés, répondant à leurs besoins, aux enjeux de développement des territoires, à l'emploi, à la préservation de l'environnement.
En ce sens, les schémas sectoriels en matière de transports, de carte sanitaire, de formation, de recherche, d'industries de défense doivent être rediscutés et réformés en lien avec les personnels et les usagers.
D'autre part, à partir du recensement de besoins, des projets développant les productions, les recherches, les formations doivent être mis en oeuvre avec de nouveaux contrats de plan État-Régions élaborés avec les populations, visant à un développement durable et solidaire ; développement économe en ressources naturelles et en contraintes humaines, s'appuyant sur les progrès technologiques maîtrisés, afin de transmettre notre patrimoine commun dans les meilleures conditions aux générations à venir.
Les régions oeuvreront en priorité pour des créations d'emplois dans le cadre du développement durable.
Ainsi, notamment les régions les plus excentrées et isolées étudieront les bénéfices à tirer de l'implantation des nouvelles technologies de communication dans tous les secteurs de la vie économiques . Elles auront l'opportunité, grâce à des politiques d'équipement et d'infrastructures régionales spécifiques, d'allier création d'emplois nouveaux et maintien d'une qualité de vie et d'environnement répondant aux aspirations du plus grand nombre.
Le développement nécessaire des services publics du transport ferroviaire passe sans nul doute par des choix sans équivoques en faveur de ce moyen de transport et de déplacement. Pour cela trois exigences fortes :
- Développement de l'offre.
- De la qualité des services.
- Politique de tarifs adaptée.
Afin de rééquilibrer les moyens de transport, en particulier la concurrence rail/route, nous affirmons la nécessité du développement de la multimodalité des transports pour les personnes, les marchandises et le ferroutage.
Par ailleurs, les régions inciteront aux modes de transport non-polluants en particulier par voie ferrée ou fluviale, au profit de la sauvegarde environnementale qui est pour nous un choix de développement et non un frein à la création décentralisée de richesses.
Des moyens nouveaux affectés à la lutte contre la polution et le bruit doivent être trouvés. Les régions joueront un rôle actif en matière de politique de l'eau, en incitant à la prévention des pollutions en particulier d'origine agricole, et en agissant pour des schémas cohérents d'aménagement des eaux.
Elles prendront des initiatives pour contribuer à la lutte contre la pollution de l'air dans les agglomérations, en particulier pour faciliter la mise en place de dispositifs de mesures suffisants et adaptés.
De même, des moyens devraient être affectés à la relance des parcs naturels et des projets visant la préservation des équilibres naturels en concertation avec les populations.
Les régions, partenaires incontournables de l'État et des autres collectivités, initieront partout des chartes régionales de l'Environnement en y associant l'ensemble des partenaires indispensables (collectivités, administrations, secteurs économiques privés et publics, associations, partenaires sociaux...).
Afin d'assurer la cohérence des projets de chaque niveau de compétences et l'information des citoyens, les régions adopteront un schéma directeur d'aménagement et mettront en place, grâce à une dotation d'État, des instituts d'aménagement et d'urbanisme.
Les régions réclameront des responsabilités nouvelles en matière de maîtrise de l'énergie, de développement des énergies renouvelables, de traitement des déchets ménagers et industriels. Elles mettront en oeuvre le PREDIS (Plan de réduction des déchets industriels à la source).
En matière de logement, les régions peuvent jouer un rôle d'incitation afin que de nouveaux logements sociaux soient construits : des aides aux communes ou aux organismes constructeurs pour acquérir les terrains nécessaires sont envisageables. Elles contribueront aux opérations de démolition-reconstruction dans les quartiers, notamment en ce qui concerne la restructuration des espaces extérieurs.
En liaison avec les villes, en particulier petites et moyennes, les régions peuvent contribuer au développement de la coopération intercommunale et à la suppression des espaces de ségrégations.
Les coopérations et partenariats peuvent être renforcés dans le cadre d'une intercommunalité véritable. Nous proposons de donner un sens nouveau à la notion de " pays ", en aidant les populations à investir ces structures par des projets utiles permettant aux collectivités de partager des coûts d'équipements, des projets communs créateurs d'emplois et d'activités, dans le cadre d'un vrai partenariat. Ces coopérations intercommunales, construites de manière nouvelle, renforceraient la participation la plus large des citoyens et des élus locaux et rendraient leur action plus efficace.
Des programmes spécifiques d'équipements destinés aux personnes âgées dépendantes et aux personnes lourdement handicapées doivent faire l'objet de véritables schémas régionaux d'équipement négociés avec les départements.
Les régions doivent évidemment disposer de moyens financiers pour l'exercice de leurs compétences. Pour cela, il y a urgence à reconsidérer les transports de charges, les désengagements financiers de l'État qui sont devenus insupportables et au contraire à mettre en place de nouveaux systèmes de péréquation, une réforme de la fiscalité locale, notamment de la taxe professionnelle favorisant la création d'emplois.
Les régions encourageront la mise en place de pactes de coopération entre l'urbain et le rural. Elles négocieront avec les agglomérations une Charte de l'écologie urbaine ; elles encourageront la rénovation et l'amélioration des transports urbains à partir de technologies propres et les opérations limitant la place des véhicules individuels dans les centres-villes. |